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Épidémiologie, contrôle et fardeau de la cysticercose 

La cysticercose à Taenia solium est une zoonose parasitaire qui se transmet entre les humains, qui peuvent être infectés avec le ver adulte dans leurs intestins, et les porcs, chez qui des kystes larvaires du parasite se développent dans les muscles et autres tissus. L’humain contamine l’environnement avec des œufs du parasite excrétés dans les selles dans les contextes où les conditions d’assainissement laissent à désirer. Les porcs, coprophages, s’infectent en ingérant les œufs présents dans l’environnement. Les humains s’infectent à leur tour en mangeant du porc mal cuit.

 

Ce cycle de vie a pour conséquences des pertes économiques pour les éleveurs de porcs lorsqu’il existe un système d’inspection des aliments, mais les conséquences pour la santé humaine sont mineures. Toutefois, lorsque les humains ingèrent des œufs du parasite à cause d’un manque d’hygiène des aliments et des mains, le parasite peut migrer dans divers tissues avec une prédilection pour le système nerveux central. Notre équipe a démontré que 29% des cas d’épilepsie en région endémique était causé par la neurocysticercose. Nous avons aussi été les premiers à mettre l’emphase sur le rôle que peut jouer la cysticercose sur le fardeau des céphalées sévères dans ces régions. 

 

Dès 2008, notre équipe publiait sur l’utilisation de recherche d’implémentation dans une perspective Une seule santé afin de développer des programmes éducatifs pour contrôler l’infection tant chez le porc que chez l’humain. Notre équipe a aussi été parmi les premières à évaluer la qualité de vie des gens souffrant de neurocysticercose et l’impact monétaire de cette infection pour les régions affectées. Grâce à nos études à large échelle utilisant une approche Une seule santé, nous avons pu évaluer le lien entre la gestion des porcs, le type de sol, l’environnement, les facteurs socio-démographique, et l’infection chez l’humain et le porc. Notre équipe se penche actuellement sur la meilleure méthode d’identifier les causes des différentes étapes du cycle de vie du parasite, sur le développement de modèles mathématiques permettant de prédire les cas de neurocysticercoses et l’impact que pourraient avoir des programmes éducatifs, et l’impact monétaire de cette zoonose pour un pays pauvre comme le Burkina Faso. Nous explorons également l’impact du contexte culturel sur la transmission du parasite et son contrôle.

Les estimés de notre équipe de recherche sur la proportion de personnes épileptiques avec de la neurocysticercose ont été utilisés par l’OMS et l’initiative du « Global Burden of Disease » pour évaluer le fardeau de la neurocysticercose dans le monde. 

 

Nos études en Tanzanie et au Burkina Faso ont permis de développer des outils éducatifs dont une comédie sur le parasite et son contrôle ayant été diffusé sur une chaîne privée au Burkina Faso. Tous ces projets nous ont aussi permis de former de jeunes chercheurs de pays pauvres.  

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